[FANBOY INSIDE GAIDEN 2] Faire ses courses

Tranches de passions surtout rétro et surtout gaming, mais pas que. Alias "FBI" - si les fédéraux débarquent, c'est Yace qui a fait le coup.

[FANBOY INSIDE GAIDEN 2] Faire ses courses

Messagepar yace » 06 Fév 2013, 20:03

NOTE : le présent FBI est un second FBI "Gaiden" car il était destiné de base à une publication, à savoir Games History 3 : Histoire du jeu de course Auto mais ces articles, rédigés en surplus du chemin de fer, n'ont donc été intégrés à l'ouvrage, ouvrage dont je vous recommande la lecture bien évidemment.

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Aussi, je me permets donc, à présent que l'ouvrage est sorti, de vous faire partager ces "chutes de texte" qui illustrent trois types de courses qui m'ont marqué. Tout le reste vous attend dans Games History Volume 3 !

BIENVENUE DANS CE FBI Courses !

Hommage suivra à trois titres : Thrill Drive, Lotus et Stunt Race FX.

THRILL DRIVE

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Konami et l'arcade, c'est un peu une histoire d'amour...Avec ce Thrill Drive, on peut dire que l'on donne dans l'amour vache.
L'histoire de Konami ne met guère en exergue le genre du jeu de volant, mais ce Thrill Drive, sorti en 1998 sans tambours ni trompettes, vient rappeler que ce légendaire éditeur est capable non seulement de développer un bon jeu de course, mais aussi et surtout de lui donner un cachet très particulier.

Avant tout, reconnaissons que ce n'est pas par son aspect technique que réellement brille ce jeu. Les graphismes sont assez ternes et même si certains circuits offrent un luxe de détails non négligeable, l'aspect visuel n'a rien de spécialement engageant. La réalisation globale accuse quelques défauts étonnants voire rédhibitoires en cet an de grâce 1998 avec des tares dans l'animation. Mais alors, pour s'attarder sur un titre qui hélas semble échouer dans son opération de séduction ?
Tout simplement à raison de son ambiance unique.

L'originalité du jeu tient en plusieurs facteurs. Premièrement, le but n'est pas d'accomplir un nombre établi de tours de piste, mais d'arriver sain et sauf au bout du parcours. Et secondement, vos tribulations se dérouleront en pleine agglomération avec toutes les contraintes qui s'ensuivent ! Comprenez que le schéma classique "plusieurs compétiteurs sur la piste" n'existe pas ici ! Après avoir choisi votre engin parmi une sélection ma foi assez hétérogène allant de la bagnole de sport au poids lourd, à vous le frisson sur l'asphalte !
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Frisson ? Oui, car stupides qu'ils sont, les autres usagers de la route n'ont pas compris qu'ils avaient tout intérêt à décaniller presto....En gros, jouer à Thrill Drive rappelle un peu le chauffard italien de l'album de Tintin "L'Affaire Tournesol" : ruer dans les brancards même par jour de marché ! Voilà, le décor est planté :en plus de la nécessité d'arriver bien classé, il va falloir composer avec de paisibles chauffeurs et autres usagers du bitume et éviter la casse.
Car tout l'enrobage de thrill Drive est là : arriver indemne en fin de parcours est déjà un défi en soi. Le jeu est jalonné de happenings qui iront du rageant au tragique. Un heurt modéré sera qualifié de "Collision" tandis que si vous emboutissez un autre véhicule dans les règles de l'art, vous verrez un joli carton "Accident". Et c'est le paradoxe : c'est dans ces moments-là que l'on savoure pleinement ce que Thrill Drive a d'unique. Sa violence.

Violence est cepndant un bien grand mot, car Konami, qui sait créer des ambiances, aura (volontairement ?) saupoudré son jeu d'un délectable couche d'hyperbole et de kitch qui, nouveau paradoxe atténue et magnifie tout en même temps l'aspect Grand-Guignolesque de son jeu. Les collisions sont amenées de manière sobre. Mais les accidents,eux, bénéficient d'un traitement tout particulier avec une animation fulgurante et surtout, un très appréciable hurlement d'effroi que n'auraient pas renié les victimes féminines de la plus assumée production horrifique de série B ! Le tout parfaitement intégré à une descente aux enfers quasiment scénarisée : si certains parcours sont assez conventionnels voire ressemblants entre eux, vous pourrez modifier l'environnement en fonction de la qualité de votre conduite. Un chauffeur sage aura droit à des lieux plus accueillants, alors qu'un vrai sanguin du bitume aura tôt fait de déchainer les éléments avec éclairs et tonnerre... Bref c'est tendu, c'est sensible... et c'est bon.

Le jeu aura d'ailleurs rencontré un certain succès, succès en tous cas suffisant pour qu'une suite soit mise en chantier, Thrill Drive 2, qui sortira en 2001. Puis vint même un troisième...Certes, on peut encore reprocher à Thrill Drive premier du nom de ne pas avoir totalement exploité son concept pourtant original ; certaines incohérences subsistent toujours, comme une étrange similarité de certains parcours pourtant situés sur deux continents différents, ou plus dérangeant encore, l'étrange passivité des forces de l'ordre dont les véhicules sont pourtant à l'affût contre les dangers publics que sont les pilotes de Thrill Drive. Mais après tout, pour qui saura s'immiscer dans cet univers féroce et malsain, le jeu ne peut qu'être une sensation forte.

Inspirateur incontestable de Burnout, Thrill Drive a su compenser sa réalisation somme toute assez banale par une véritable impression de tension, qui au surplus ne fera de mal à personne, loin des fascinations glauques pour les accidents de la route qu'éprouvent les protagonistes du fort dérangeant Crash de David Cronenberg. Cette petite dose d'interdit et de frisson est en tous cas un ingrédient dont l'efficacité était déjà éprouvée, et ce dans des titres devenus culte comme Road Rash, Super Mario Kart ou Street Racer...

Terminons en signalant que Konami, conscient dès l'origine du fait que le jeu pouvait revêtir -à juste titre !- un caractère controversé, agrémentera l'attract mode du jeu d'un rappel salutaire ! Après le célèbre "Winners don't use drugs", sage précepte que certains de nos sportifs se devraient de plus intensément méditer, ici Konami nous le répète : "When driving in real life, drive cautionly and carefully !". Pour sûr, car si nos départementales ou nationales étaient changées en les parcours de Thrill Drive, il y aurait des risques de rendre plus lourde encore la tâche des ambulanciers et des ferraileurs...

LOTUS ESPRIT TURBO CHALLENGE

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Nous sommes en 1990, et le jeu vidéo s'installe de plus en plus sur les micros de l'époque. Le commencent des activités ludiques sur support de bureau fut certes moins fulgurant que les origines de la discipline sur console et arcade, mais depuis quelques années, il semble de plus en plus acquis que ces austères machines ne serviront désormais plus qu'à faire du traitement de texte ou tenir sa comptabilité...
Face à la concurrence des titres arcade et console, les jeux sur micro semblent alors des outsiders. Le seul genre dont l'essor semble réellement lié à ces bécanes était alors le jeu de rôle qui initie en cet an de grâce 1990 ses premières évolutions en s'éloignant des standards de Dungeon Keeper par exemple.

Mais la série des Lotus Turbo Challenge accomplit un étrange tour de force :créer un jeu de course très lié à cette génération "Micro", ce qui élargit d'un seul coup les horizons des jeux "de bureau", ou tout au moins qui prouvera que l'on pouvait s'affairer à autre chose qu'à explorer donjons et cryptes sur son micro ! Il sera ici question du premier opus de la série sur Amiga, version la plus pratiquée par votre serviteur qui, entre nous, n'a même pas son permis de conduire.

Développé par Magnetic Fields et édité par Gremlin Graphics (qui édita aussi le plus discutable Top Gear), Lotus Esprit Turbo Challenge mise énormément sur son habillage ainsi que sur la spécificité de son gameplay. Le jeu propose trois championnats à l'exigence progressive totalisant 32 circuits. Contrairement à bon nombre d'autres programmes de conduite, Lotus n'est pas un jeu "anonyme". La licence Lotus est l'un des premiers exemples du jeu de course à franchise.
Petit coup d'humour (et de génie ?), la licence Lotus ayant selon toute vraisemblance coûté un bon paquet, le jeu s'offrira également de grands noms pour les pilotes en lice... Mais sans avoir le moindre droit à régler en usant d'un subtil procédé parodique rappelant les patronymes des stars de la conduite de l'époque. Un peu d'humour sur le bitume !
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Lotus est un jeu conduite clairement axé arcade, sans pour autant négliger un aspect simulation. Ici, la quête de vitesse n'est ni prioritaire, ni secondaire, mais parfaitement couplée aux impératifs de tenue de route et de navigation.

Car la tenue de route et la navigation sont deux marques de fabrique du jeu. La conduite s'effectue sur des circuits obligeant le pilote à gérer à la fois vitesse, temps, état de l'engin et niveau de carburant, avec arrêts au stand et gestion des collisions. L'aspect réaliste est magnifié par quelques petits incidents tels les flaques qui diminuent l'adhérence, chaos sur des routes mal entretenues, chaussées plus étroites, visibilité réduite en conduite nocturne. On sent que l'équilibrage arcade/simulation est bien senti et réfléchi.
L'aspect duel est le leitmotiv de ce Lotus. Le jeu se déroule sur deux écrans, même en mode solo. Un parti pris original en ces temps déjà anciens.

Alors, Lotus est-il parfait ? Incontestablement un jeu riche et à la réalisation technique plus que satisfaisante, mais auquel il manquerait cependant une gestion des dégâts pour accomplir le grand chelem. Ici, les heurts même violents n'entameront en rien votre voiture, mais peuvent aisément sonner le glas d'une course tant la perte de temps peut être conséquente. D'autre part, les véhicules souffrent encore d'une notable inertie qui ne gêne en rien le contrôle mais produit un effet pour le moins saugrenu lors des virages ou des chocs...chocs auxquels il vaut mieux s'habituer dans les courses élevées tant l'aspect conduite et gestion du temps deviennent considérables.

Episode fondateur d'une des rares séries de jeux de racing aussi clairement identifiée à l'univers des micros (avec Vroom et Vroom II), Lotus Esprit Turbo Challenge reste un emblème du jeu de course rétro mais dont l'aspect inventif est toujours sensible de nos jours. Certes le titre porte son âge, mais résiste plutôt bien à l'acide des années grâce à ses aspects classiques assumés et à son subtil mélange de précision d'exécution et de vitesse à tout prix. Le jeu connaitra divers portages sur micro ainsi qu'une version Megadrive.

STUNT RACE FX

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Annoncée comme une révolution, l'arrivée du processeur Super FX de la Super Nintendo devait donner à la 16 bits de Nintendo une longueur technique supplémentaire face à sa concurrente directe la Megadrive, et même remonter la console vers des sommets de considération dont seule la puissante Neo Geo bénéficiait alors. Aujourd'hui avec le recul, il apparait que bien peu de jeux bénéficiant de la technologie Super FX sont réellement passés à la postérité, exception faite du très surestimé Starwing et de l'excellent Yoshi's Island (qui utilisait le Super FX2, précisons-le par souci d'exactitude).
Parmi les premiers jeux à donc exploiter ce nouvel élément, on trouve un jeu de course, sobrement baptisé Stunt Race FX. Le titre annonce la couleur, les courses vont être rocambolesques...sur une cartouche grevée du Super FX donc ! OK, le traitement des infos en 3D était de bon augure pour donner un jeu de course qui se démarquerait de ses semblables sur la bécane, et qui sait, qui saurait peut-être s'élever au rang d'un F-Zero ou d'un Super Mario Kart ! Stunt Race FX est après tout une création Nintendo.
Le jeu opte pour un rendu graphique assez soigné même s'il ne faut pas compter sur une abondance de détails. Ce qui fait le charme du jeu, c'est sa manière de jouer à fond la carte de l'humour et du délire, un peu à la façon d'un Micro Machines mais dans un environnement en 3D. Pixar n'a rien inventé, avant Cars on avit donc bien Stunt Race FX ! Dans un esprit plus proches des "Fous du Volant" que de "Le Grand Prix" (un bonbon à qui se rappelle cette série animée), à vous les circuits blindés d'options et d'obstacles.
Car oui, le jeu à la manière de F-Zero, vous impose une gestion des dégâts ainsi qu'un boostSi les premières courses peuvent se faire sans trop cogiter, bientôt les circuits deviendront serrés et surtout très pointus ! Un joueur attentif notera vite que le but ne sera pas d'éviter de prendre des impacts, mais bel et bien de savoir gérer ces impacts avec les possibilités de réparations de votre engin.
Toujours comme dans F-Zero, certaines zones vous requinqueront ainsi permettront même aux plus sanguins d'entre vous de poursuivre leur parcours. Le jeu offre quatre modes de course, un mode standard, un mode versus, un mode "time attack" consistant en la récupération d'un maximum d'étoiles en un temps limité, ainsi qu'un mode caché qui se débloquera une fois le mode précédent maitrisé.
Il y a quatre véhicules en lice, et un cinquième qui devient jouable une fois domptées les quatre courses. Ces engins ont un aspect gentiment enfantin qui donne une identité certaine au jeu.
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Nintendo oblige, Stunt Race FX recèle quelques petits clins d'oeil à l'univers emblématique de Nintendo avec des apparitions spéciales comme les deux frères plombiers, ou Fox MacCloud (pour ce dernier il s'agit vraisemblablement de rappeler que le jeu use du Super FX, car en à peine quelque mois, il est difficile d'admettre que le héros de Starwing fût devenu une des mascottes de Nintendo...hélas aujourd'hui ce damné renard semble bien y être parvenu !

La réalisation du jeu accuse bien évidemment son âge, et hélas pour lui, il demeure dans l'ombre du Starwing susmentionné à raison de leur technologie commune, ce qui est vraiment stupide pour deux jeux totalement incomparables l'un avec l'autre ! De plus, l'affichage ainsi que les quelques difficultés techniques de la console à assumer la totalité de l'ambitieux jeu de course que voici n'engagent pas réellement à vouloir le découvrir...Mais trêve de basses justifications, et reconnaissons qu'à l'époque, le jeu avait reçu un accueil favorable et pour qui l'a connu en ces temps, l'expérience ne pouvait qu'être plaisante, même si en dépit de sa technologie prétendue révolutionnaire (oui, je n'ai pas vraiment de sympathie pour ce Super FX), le jeu était inférieur à l'indétrônable F-Zero et s'inclinait également côté fun devant le désormais mythique "Battle Game" de Super Mario Kart.
Ceci dit, en malgré un aspect un peu déroutant au départ, Stunt Race FX est un jeu injustement oublié, qui a su remplir son contrat, c'est à dire amuser le joueur et proposer plein de petites choses bien sympathiques ; il était donc largement temps de le rappeler à votre bon souvenir, même si aujourd'hui son aspect "3D de 1994" conjugué à l'air délirant des bécanes en lice lui donne un aspect gentiment grotesque voire carrément kitch. Mais et si c'était précisément son identité, et ce dès sa sortie il y a dix-huit ans ?

Etes-vous à jour de votre contrôle technique ?
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Re: [FANBOY INSIDE GAIDEN 2] Faire ses courses

Messagepar Atryu » 08 Fév 2013, 10:11

J'etais super fan des jeux de bagnoles quand j'avais 15 - 16 ans. Ma passion pour le genre s'est completement eteinte a 18ans quand j'ai recu le permi de conduire avec une Toyota Celica GT 2.0 de 1988.

Mais j'admets avoir mis plus de 50E par semaine dans les bornes de Daytona USA (tout mon argent de la bouffe midi quand j'etait a l'ecole d'Inge') jusqu'a avoir le record de Geneve (je connais personne qui a fait mieux...) sur le circuit expert en time attack.

2.57 et des poussieres je crois.

Sinon, mon curiculum de jeux de bagnoles par ordre chronologique:

1. Spy Hunter (commodore 64)
2. Fire & Forget 2 (PC)
3. Road Blasters (arcade / Lynx)
4. Indy 500 (PC)
5. Days of Thunder (PC)
6. Virtua Racing (arcade... j'ai claque dans ces bornes aussi! pfiouh!)
7. Daytona USA (arcade)
8. Ridge Racer (Arcade / PS1... meme si ca a RIEN a voir! c'etait le premier jeu a gerer l'embrayage en arcade!)
9. Permis de conduire + Toyota celica GT 2.0

Maintenant:
Permis de conduire suisse (sans vos points de merde!) + 6 cylindres en ligne de 3 litres a 285 bourrins! ...avec les ammendes pour exces de vitesse en france qui coutent que 90 Euros. :mrgreen:
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Re: [FANBOY INSIDE GAIDEN 2] Faire ses courses

Messagepar Alec » 08 Fév 2013, 22:51

Si je devais faire un classement (approximativement chronologique)


1. pole position (atari 2600)
2. Fire & Forget 2 (arcade/master system)
3. chase HQ (arcade)
4. outrun (arcade/megadrive)
5. gros vide....
6. GTI club (arcade)
7. Daytona USA (arcade)
8. sega rally championship (arcade/saturn)
9. gran turismo/forza et les autre trucs next gen qui apportent du "beau et du réalisme"

Et aujourd'hui, en vrai.....attention accrochez vous !

Clio II Estate achetée à des petits vieux "vrommm vrommmm pout pout pout pout" :D

Et toyota verso "skyview" diesel !

Mais ma préférée : ma 205 que j'ai usée jusqu'à la corde pendant trois merveilleuses années ! :love:
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