Vous lisez, vous? Bah ça dépend si j'ai un livre!

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raisonnable
King Fossile
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Dernièrement j'ai lu le premier tome de la trilogie 1Q84, de Haruki Murakami.

Je crois que pas mal de membres de ce forum connaissent ce livre, car je me rappelle avoir vu des échanges à son propos sur ce même topic, il y a plusieurs années, mais peut-être que ma mémoire de quarantenaire me fait défaut.

En tout cas, c'est du tout bon. On s'attache à deux histoires différentes au premier abord, évidemment elles vont se rejoindre : d'un côté une jeune femme solitaire, discrète mais aussi experte en combat à main nue, qui tue en toute discrétion des hommes auteurs de violences conjugales; de l'autre un écrivain talentueux qui n'a pas encore émergé, et qui accepte de s'embarquer dans la réécriture frauduleuse d'un texte, commis par une jeune fille quasi mutique de 17 ans à l'histoire obscure, pour transformer le dit manuscrit en futur best seller.

1Q84 se lit très bien, et je dirai même qu'il est très clair alors que les zones de flou et de confusion sont distillées par touches, à mesure que le décor s'implante. La narration est habile, le rythme marque un peu le pas dans les cinquante dernières pages, mais je pense que c'est à dessein : freiner l'avidité de la lecture et des informations afin de préparer l'entrée dans le deuxième tome.

Au départ, j'ai été déçu que du fantastique s'incruste dans ces deux histoires qui se suffisaient à elles-même, sauf que cet aspect se fait tout en douceur, il n'y a pas de point de bascule dérangeant. On y vient sans y être, tout comme on commence à comprendre les liens sans vraiment les saisir. C'est subtil et délicat comme un bon plat japonais.

Bref, je suis impatient de savoir comment toute cette histoire va continuer, donc je n'ai pas le choix : il va me falloir acheter le tome 2 et le tome 3.
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fat cape et prise de Tate
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Guigui
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raisonnable a écrit :
16 janv. 2020, 08:47
... c'est le seul que j'ai aimé de manière timorée.
Merde, je n'aurais pas du lire le topic sur les livres, pas assez de vocabulaire.

Ou alors je devrais lire des livres ? :-o
Bravo jolie Ln, tu as trouvé : l'armée de l'air c'est là où on peut te tenir par la main.
raisonnable
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ta remarque est pertinente, parce qu'elle m'a poussé à chercher la définition du mot "timoré", et elle ne convenait pas à la situation : "qui est d'une prudence excessive".

Je pense que c'est le mot "mitigé" qui n'a pas voulu sortir, et j'ai pêché par flemme, bien fait pour moi
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Vlatabaff
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Dernièrement j'ai terminé la Horde du Contrevent de Alain Damasio et je dois bien avouer que c'est surement mon roman préféré de SF à ce jour.

On y suit un groupe de 23 spécialistes qui doivent affronter le vent en essayant de remonter jusqu'à sa source. C'est très bien écrit, parfois un peu complexe à suivre car le style utilisé par l'auteur est assez déroutant : les situations sont décrites par des protagonistes différents, chacun avec son style propre et particulier, chacun avec son point de vue subjectif. Cela donne aussi une réalité profondément concrète à l'histoire, le tout dans un univers purement SF, basé sur un paradigme apportant une cohérence supplémentaire au tout.

Bref, j'ai vibré tout au long des 700 pages en compagnie de cette Horde de contre et j'ai savouré ce roman exactement comme je savourais dans ma jeunesse un excellent manga qui apporte son lot d'émotions : larmes, rires, chair de poule et frissons....
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Cormano
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Vlatabaff a écrit :
04 mars 2020, 09:59
les situations sont décrites par des protagonistes différents, chacun avec son style propre et particulier, chacun avec son point de vue subjectif.
C'est un chouette procédé, oui. Orson Scott Card l'avait utilisé aussi dans ses Chroniques d'Alvin le Faiseur, que je vous recommande aussi au passage.
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GameOver
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raisonnable a écrit :
03 mars 2020, 12:27
Dernièrement j'ai lu le premier tome de la trilogie 1Q84, de Haruki Murakami.
C'est le dernier livre que j'ai lu de Murakami et le dernier que je lirai aussi. J'ai vraiment été très déçu par la consistence de l'intrigue et de la profondeur psychologique des personnages. Alors que dans La Course au Mouton Sauvage on sautait (!) de visions oniriques en monologues lyriques, là rien de tout ça, et de plus c'est long. Très long. La Fin des Temps a lui aussi ce défaut, on s'ennuie un peu parfois, mais le style et l'inventivité de l'histoire font que l'on s'accroche et que l'on se régale au final. Là non, et c'est pour moi le roman de trop d'un romancier qui s'assèche mais qui est tellement connu maintenant qu'aucun critique ne s'attaque sérieusement à lui. En tout cas à la sortie de 1Q84, là je ne suis plus du tout le petit monde des romans actuels.
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Comme c'est le premier livre que je lis dans l'oeuvre du sieur Murakami, je n'ai pas ton recul donc je ne me fie qu'aux impression laissées par cette lecture en particulier. En l'occurrence, j'ai trouvé cela très bien, pour les raisons que j'ai développé plus haut.

Mais il est tout à fait probable que si j'avais lu d'autres bouquins de lui, et que j'avais trouvé ces derniers plus sincères et percutants, cet 1Q84 m'aurait laissé un sentiment plus mitigé. Qu'on le veuille ou non, nous sommes toujours influencé par le passif!
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J'ai lu et fortement apprécié Vengeances, de Phillipe Djian. L'histoire s'intéresse à un cinquantenaire autocentré, queutard, accroc aux fêtes et aux drogues, artiste contemporain reconnu, dont le fils s'est suicidé il y a quelques mois. Sa compagne, qui n'est pas la mère du fils décédé, se barre à l'étranger après l'avoir soutenu comme elle le pouvait les mois qui ont suivi le deuil. Seul reste un couple de potes, tout autant allumés et irresponsables. Un jour, il va ramasser une jeune fille ivre morte dans le métro, et décider de s'en occuper.

La narration est originale ; on alterne entre le point de vue du protagoniste principal et le point de vue d'un narrateur extérieur. Du coup, le lecteur fait des allers retours entre vision distanciée et vision empathique, car oui, on parvient à se mettre à la place de cet antihéros, à défaut d'épouser ses choix et sa vision des choses. La relation qui se noue avec la jeune fille est ambiguë, rend malaisé, et en même temps elle fascine dans tout ce qu'on en suppose et anticipe de malsain, même si les problèmes ne surviendront pas forcément d'où on pouvait le craindre. Le livre explore bien les noirceurs de l'âme humaine et ses failles, mais aussi les notions d'amitié et de sincérité.
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Mortipoil
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Je reposte ce que j'ai écrit dans le sujet sur Yace pour s'assurer que tous les lecteurs papier du forum aient l'information.


Les éditions de l'Ecureuil Noir, dirigées par Dr. Lakav mais avec Yace à la plume, organisent une campagne spéciale de financement pour sortir le guide ultime de Super Aleste que Yace a réalisé dernièrement, avec tout ce qu'il faut pour devenir le n°2 mondial sur le jeu (Yace demeurera pour toujours le n°1 bien sûr).

Le guide ne sera disponible que durant cette campagne spéciale pour sa publication, et les bénéfices seront reversés à sa famille (merci à Dr. Lakav pour cette attention) :
https://mobile.ulule.com/hommage-yace/?lang=fr
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Hop, j'en ai terminé avec les 705 pages de "Le maître des illusions" d'une certaine Dona Tartt. L'histoire s'intéresse à un jeune paumé dans ses études. Il va rejoindre un cercle assez confidentiel, spécialisé dans l'étude du grec ancien, animé par un professeur à la réputation brillante et sulfureuse. Le groupe est composé de cinq autres élèves, tous d'une personnalité bien marquée, et dont les liens et interactions paraissent déjà solidement ancrés. En parallèle des sempiternelles fêtes, drogues et séances de sexe sans lendemain, les rencontres avec ces cinq 'intellos-marginaux" vont l'animer et le porter, mais l'ombre du drame et le goût du crime planent et bientôt tout va basculer.

Depuis que j'ai bouclé l'intégrale des œuvres de Bret Easton Elllis et de Hubert Selby Junior, je rongeais mon frein, attendant au détour d'une rue sordide ma rencontre avec un nouvel écrivain américain de la même trempe. Ma femme m'a innocemment conseillé ce roman, je fus interpellé lorsqu'elle m'a dit que l'écrivaine en question mettait quasi dix années pour l'écriture de chaque nouveau roman. Puis j'ai appris que lorsque Dona Tartt avait rédigé les cinquante premières pages de son manuscrit, un certain Bret Easton Ellis, inscrit dans la même fac qu'elle à la même époque, l'avait vivement encouragé à poursuivre dans la direction choisie.

J'ai dévoré ce livre avec plaisir. Il est tellement maîtrisé que j'ai peine à croire qu'il s'agisse d'un premier roman. Les descriptions des lieux, des périodes et des personnages sont minutieuses mais bien dosées, donc jamais chiantes. De plus, Le maître des illusions a la force des grands romans : il se passe plein de choses mais on ne s'en rend compte que dans l'après-coup, parce qu'on se retrouve embarqué avec la troupe. Le regard sur une jeunesse dépravée et oisive est aussi mordant que chez les deux auteurs que j'ai cité précédemment, mais use de moins d'excès et d'éléments spectaculaires, du coup la banalisation fonctionne avec d'autant plus de ruse. Pour autant, l'enchaînement des événements est sidérant, y compris lorsque les points de bascule sont annoncés très en avance. Je le répète : il se passe beaucoup de choses dans ce roman, dont plusieurs adoptent un caractère irrémédiable, donc personne n'en ressort indemne y compris le lecteur.

D'après ce que j'ai compris, Dona Tartt a écrit deux autres livres (bah oui, puisqu'il lui faut un peu moins de dix ans pour leur donner niassance). Banco.
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